Les conseils de l'auteur de la Lexifiche Procédure civile...


En 2018 est parue la Lexifiche Procédure civile, rédigée par Cédric Tahri. Ce dernier a accepté de nous en dire plus sur son parcours et de nous livrer ses conseils quant au cursus juridique et à l'utilisation de la Lexifiche lors de vos révisions.



À partir de quand vous êtes-vous projeté dans votre profession actuelle ? Pourquoi avez-vous choisi cette orientation ?


Ayant un goût prononcé pour l’enseignement, j’ai co-fondé, en 2010, l’Institut rochelais de formation juridique (IRFJ), établissement privé d’enseignement supérieur à distance spécialisé dans la préparation aux examens et concours juridiques (CRFPA, ENM, Greffe, Police, Inspection du travail). L’idée a germé à la suite de plusieurs échanges avec mes étudiants qui se plaignaient régulièrement de n’avoir le choix qu’entre des prépas publiques « défaillantes » (sans pour autant généraliser !) et des prépas privées aux tarifs prohibitifs. Nous souhaitions proposer des préparations de qualité à des tarifs mesurés dans le cadre d’un organisme à taille humaine… par opposition aux « usines » que sont parfois les grandes universités.


Pouvez-vous nous expliquer votre parcours en quelques mots, vos domaines de prédilection ?


Mon parcours est atypique, ponctué de belles rencontres. Privatiste de formation, j’ai commencé à enseigner à la faculté de droit de Bordeaux en 2004, sous l’aile bienveillante de mon « mentor », le regretté professeur Jean Hauser. Parallèlement, j’ai publié mes premiers ouvrages (procédure civile, histoire du droit et des institutions) avant de prendre la direction de la collection Lexifac droit chez Bréal-Studyrama, suite au décès du Recteur Lombois. Quelques années après, j’ai fondé la nouvelle collection Grand amphi droit chez le même éditeur. J’ai également été rédacteur en droit privé chez Lexbase (brèves, articles, formation continue des avocats) et Dalloz (Dalloz Actualités – procédure civile) avant de me consacrer quasi-exclusivement à la direction de l’IRFJ, activité particulièrement chronophage ! Néanmoins, mon goût pour l’écriture et la transmission des savoirs me pousse toujours à publier de nouveaux titres, à développer de nouveaux projets au service des étudiants.

Mes domaines de prédilection sont la procédure civile et le droit de la famille.


Quels conseils pouvez-vous donner aux étudiants en droit pour qu'ils réussissent leur cursus ?


Je pense que pour réussir en droit, il faut déjà avoir un projet précis même si généralement les étudiants exercent in fine une profession bien différente de ce qu’ils avaient imaginé au début de leur cursus universitaire. Car sans projet précis, il n’y a point de motivation. Combien d’étudiants s’assoient chaque année sur les bancs de la faculté sans savoir réellement pourquoi ils sont là ?


Ensuite, il faut être autonome. Souvent loin des parents, les étudiants ont du mal à prendre leurs repères, à se lever le matin pour aller en cours, à se coucher à des heures raisonnables pour ne pas être fatigués le lendemain, etc. A cela s’ajoute le fait que les enseignants du supérieur sont en général moins disponibles, que l’appel n’est pas fait au début des cours magistraux et que les occasions de festoyer sont nombreuses. En somme, l’oisiveté et la procrastination guettent le jeune majeur épris de liberté qui, comme la cigale de La Fontaine, oublie un peu vite que les échéances arrivent bien assez tôt…


Il en résulte qu’il faut également être assidu, assister aux cours magistraux et aux TD même si, pour les étudiants salariés, il est très difficile de concilier études supérieures et vie professionnelle. Certes, la solidarité entre étudiants peut permettre de ne pas assister à certains cours en amphi mais pour les TD la présence est indispensable, ne serait-ce que pour avoir une bonne note de contrôle continu.


Par ailleurs, au risque d’enfoncer des portes ouvertes, pour réussir en droit il faut travailler… et le faire régulièrement. L’étudiant qui croit réussir sans se fatiguer, en fournissant un effort minimal, se trompe du tout au tout. En effet, en accédant aux études de droit, les bacheliers découvrent de nouvelles matières, un nouveau vocabulaire, une méthodologie spécifique. Bref, tout est nouveau et nécessite un gros effort d’apprentissage et de compréhension. Mais rien d’insurmontable à condition de travailler sérieusement tout au long de l’année. Cela est d’autant plus vrai s’agissant des travaux dirigés dont la préparation demande un certain temps (lecture des plaquettes, recherches, exercices).


Ceux qui auront compris ce que l’on attend d’eux, qui auront su s’adapter à leur nouvel environnement et à leurs nouveaux enseignants s’en sortiront ; les autres perdront pied assez rapidement et abandonneront… Comme le disait l’un mes anciens professeurs devant une assistance médusée, « en première année, c’est vous qui choisissez de réussir ; en deuxième année, c’est nous qui décidons »… ce qui laissait entendre que la deuxième année de droit était plus difficile que la première ! Au fond, ce n’était pas faux et même assez révélateur de la sélection naturelle qui s’opère à l’université : de la L1 au master 2, le nombre d’étudiants fond comme neige au soleil, preuve que seuls les meilleurs iront jusqu’au bout d’un cursus qui se présente pour beaucoup comme un chemin de croix.


En cas d’échec, l’étudiant optera pour une réorientation ou un redoublement, à condition cependant que ce redoublement soit utile. Il peut être salvateur. L’étudiant peut tirer les leçons de son échec en se remettant en cause (ex : ai-je fourni le travail suffisant pour réussir ?), en ne se défaussant pas de sa responsabilité personnelle en accusant tel ou tel professeur d’être trop sévère ou inintelligible.


Quels conseils pouvez-vous donner aux étudiants en droit pour qu'ils trouvent leur orientation professionnelle ?


Les étudiants ont souvent une vision réductrice des débouchés en droit : ENM, CRFPA, greffe, police. Or, ces débouchés ne sont que la partie émergée de l’iceberg ! Avec une formation en droit, on peut être juriste dans une entreprise ou une association, passer une kyrielle de concours administratifs, enseigner à l’Université, etc.


Il faut donc se renseigner, le cas échéant en sollicitant les services d’orientation (ex : CIO), en prenant contact avec des professionnels en exercice (réunions d’information, stages d’observation).


Au demeurant, lorsque l’étudiant a un objectif professionnel précis (ex. : magistrature), il doit envisager la possibilité d’un échec, surtout si le concours est très sélectif. Cela est à prendre en compte dès le cursus universitaire. Par exemple, un étudiant veut devenir maître de conférences en histoire du droit et poursuit un cursus dans cette discipline. Après son doctorat, il n’est pas qualifié et son rêve s’envole. Que fait-il ? Difficile de se vendre dans le secteur privé avec un doctorat en histoire du droit lorsque d’autres candidats ont des spécialités plus recherchées (droit social, droit des affaires, droit des contrats, etc.). De même, un étudiant ayant une spécialité plus « passe-partout » (ex. : droit public, droit privé général) doit savoir rebondir en cas d’échec au concours visé, en s’orientant vers d’autres professions qui pourraient lui plaire.


Comment avez-vous construit la Lexifiche Procédure civile ?


La Lexifiche Procédure civile a pour but d’exposer la matière aussi simplement que possible, en retenant une approche chronologique. Elle s’articule donc autour des phases du procès civil, de son déclenchement à son renouvellement (voies de recours), sans oublier toutefois les MARD et les procédures spéciales qui occupent une place non négligeable lors de l’étude de la discipline.


Quels conseils pouvez-vous donner aux lecteurs pour qu'ils se l’approprient, qu'ils l’utilisent efficacement au cours de leur cursus et lors de leurs révisions ?


Parce qu’il s’agit d’une synthèse de cours, la Lexifiche Procédure civile ne suffit pas pour préparer les TD. Elle peut servir de complément au cours magistral, pour les révisions mais concernant des TD, elle ne peut se substituer à un ouvrage plus volumineux tel qu’un précis. Dans ce cas, la Lexifiche permet de débroussailler le terrain en allant à l’essentiel, en facilitant l’acquisition des connaissances, en favorisant la consultation rapide sur un point précis.

Pour être utilisée le plus efficacement possible, la Lexifiche doit être maniée avec le code de procédure civile.


Quel(s) intérêt(s) cette Lexifiche présente-t-elle selon vous par rapport aux autres supports existants (manuels, supports de cours, etc.) ?


La Lexifiche possède deux grands atouts. D’une part, son format permet d’avoir une vision claire et synthétique de la matière. L’étudiant pressé n’a pas besoin de parcourir des ouvrages volumineux pour retenir l’essentiel. Il dispose d’un condensé lui permettant de retenir les informations les plus importantes. D’autre part, le flashcode permet d’accéder à des mises à jour régulières. La matière ne cessant d’évoluer, le lecteur peut ainsi s’enorgueillir de posséder un fascicule à jour.


Quels sont les principaux conseils et points de vigilance que vous donneriez à un étudiant qui étudie la Lexifiche Procédure civile ?


De prime abord, la matière peut sembler très technique, pour ne pas dire rébarbative. Or, au cours de sa vie, n’importe quel étudiant peut avoir besoin de la procédure civile, notamment en cas de litige. Il faut donc avoir une vision « positive » de la matière au regard de son utilité. Partant, il faut aborder la procédure civile sans appréhension, comme n’importe quelle autre discipline juridique, en apprenant les définitions, en relevant les distinctions, en prenant connaissance des évolutions récentes de la matière, etc. En revanche, il n’est pas utile d’apprendre par cœur les articles du code de procédure civile car les étudiants l’ont généralement à disposition lors des épreuves.

© Enrick B. Editions 2018, collection Lexifiche

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